Ce n’est pas dans mon habitude de rédiger ce genre de billet mais la force des choses m’amène à vous partager mon point de vue en cette période caniculaire.

Prenons 2 minutes (promis pas plus) pour faire un état des lieux général de la situation économique et des marchés financiers.

Pourquoi ?

Et bien simplement car en ce qui me concerne je compte bien surfer les prochaines semaines ou mois (voire quelques trimestres mais pas plus !) pour alléger mes positions exposées aux marchés (comptes de trading et contrats d’assurance vie en unités de compte).

En effet il apparaît que 2018 se profile comme étant l’année du pic toutes catégories : record des marchés financiers, retour de la croissance, l’immobilier toujours positif après une année 2017 extraordinaire…

Et c’est bien là qu’apparaissent les phénomènes de cycle tels qu’on les retrouve partout et de tous temps.

Les marchés actions vont avoir tout le mal du monde à percer leur précédents plus hauts et ainsi continuer leur hausse quasi continue depuis maintenant 9 années consécutives (voir schéma ci dessous, +300% depuis le point bas de la “crise de 2008”).

Pourquoi prendre nos gains à partir de maintenant me direz-vous ?

Et bien tout simplement car à cette cadence les valeurs en bourse des sociétés qui composent l’indice américain S&P500 vont se retrouver complètement décorrélées des résultats qu’elles génèrent dans “l’économie réelle”. Et quand les prix des actions deviennent complètement aberrants quand on les compare avec les résultats des entreprises que se passe-t-til ?

Non je vous vois venir. Les résultats d’entreprise ne pouvant pas exploser à la hausse d’un coup de baguette magique dans l’économie réelle ce sont bien les prix des actions qui vont redescendre de leur piédestal. Un graphique très représentatif de cette corrélation est tenu à jour par un professeur de la prestigieuse école de Yale, Mr Robert Schiller (voir article ici), prix Nobel d’économie en 2013 :

Pour faire simple cette courbe indique le lien entre la valeur des actions et les résultats des entreprises tout en tenant compte de l’inflation. En synthèse : la dernière fois que ce ratio est monté aussi haut nous étions en route pour la bulle de l’internet. Même la crise de 2008 a été à ce jour dépassée à titre de comparaison.

Les valeurs technologiques encore une fois ici tirent les indices vers le haut. Apple à ce jour vient d’approcher une valeur boursière de près de 1 000 milliards de dollars US. Et je ne vous parle pas des Google, Amazon, Netflix, Facebook qui à chaque éternuement font disparaître des milliards de dollars d’un coup sec des marchés financiers.

Bref, vous voyez où je veux en venir…

Du coup pour terminer et rester dans mon timing des 2 minutes de lecture annoncé en introduction j’aimerais vous présenter l’horloge sur laquelle je fonde une grande partie de ma réflexion ces dernières années.

Cette horloge me permet de vous dire que nous devrions avoir encore quelques mois voire quelques trimestres devant nous avant toute correction importante. Il s’agit de l’écart de taux d’emprunts obligataires entre le 2 ans et le 10 ans aux Etats-Unis. Sans la détailler ici aujourd’hui je laisse chacun la parcourir rapidement. Pour les connaisseurs, le timing se resserre. Pour ceux qui la découvrent, vous ferez de vous même le lien sans rentrer dans l’analyse détaillée. Voyez plutôt :

En synthèse : chaque fois que les taux d’emprunt à 10 ans sont devenus inférieurs aux taux d’emprunt à 2 ans une crise majeure s’est enclenchée dans les mois suivants. Ce qui encore une fois pour faire simple est tout à fait mécanique. Mais j’y reviendrai dans un prochain article.

Cette horloge est d’ailleurs encore une fois tout à fait synchrone avec l’actualité : tout d’abord la Fed a prévu de continuer de faire grimper ses taux en 2018, ce qui va encore réduire l’écart des taux ci-dessus et les Etats-Unis viennent d’annoncer leur plus belle croissance depuis 4 ans.

Ce qu’il faut comprendre ici c’est que les annonces du président américain autour de la guerre commerciale (hausse des taxes d’importation US, réduction de la balance commerciale) a déclenché une vague de craintes et d’achats de la part des acteurs de marchés qui se préparent en cas d’aggravation de la situation (on pourrait imager et comparer cela avec l’exemple des laboratoires pharmaceutiques en cas de “Hard Brexit”). La conséquence de cette hausse “artificielle” sera mécaniquement une baisse au moins proportionnelle dans les prochains mois de ces même achats. Nous parlons bien ici du volume des échanges du commerce international.

Ce qu’il faut retenir aujourd’hui :

Il est désormais tout à fait pertinent de mon point de vue de réaliser nos gains sur les placements financiers de ces dernières années et de commencer à placer notre patrimoine de façon moins exposée aux marchés financiers.

L’idée étant de préserver notre cash pour pouvoir le réinvestir une fois une correction majeure passée. Nous pourrons ainsi surfer le nouveau souffle qui en résultera.

Comme disait le dicton : Après la pluie, le beau temps !

Alors comment placer toute cette trésorerie durant cette phase à venir de plusieurs mois ?

Je vous laisse avec votre imagination ++

P.S : pour information les contrats d’assurance vie sur mesure que je crée pour mes clients nous ont remonté plus de 10% de performances sur les 12 derniers mois. Si cela pique votre curiosité, le lien de prise de rdv gratuit en haut à droite de cette page n’est pas que de la déco, ça peut servir 😉

Bien à vous

Thomas Ducret – Investisseur Tortue

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